Cybersécurité : près d'un Français sur deux désormais touché par une fuite de ses données personnelles

Publié le 23 septembre 2026 par Oriane Bussard

cybersecurity background ©Shutterstock AI

C'est un chiffre qui donne le vertige.

Selon le troisième baromètre sur la perception cyber des Français, réalisé par Ipsos Digital pour Cybermalveillance.gouv.fr , 45 % des personnes interrogées déclarent avoir été informées d'une fuite de leurs données personnelles au cours des douze derniers mois. Elles n'étaient que 30 % il y a un an. En l'espace de douze mois, la proportion de Français concernés par une violation de données a donc bondi de quinze points, un basculement que le dispositif national d'assistance et de prévention en cybersécurité qualifie lui-même de « majeur ».

Cette étude, menée en ligne du 13 au 18 mai 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 Français âgés de 18 à 75 ans, dessine le portrait d'un pays qui identifie de mieux en mieux les menaces mais qui peine à transformer cette lucidité en réflexes de protection. L'hameçonnage par mail ou SMS demeure la malveillance la plus répandue, avec 53 % des sondés déclarant y avoir été confrontés au cours de l'année écoulée. Mais c'est bien l'explosion des fuites de données qui inquiète le plus les équipes de Cybermalveillance.gouv.fr , car elle ouvre la voie à des attaques de second niveau : hameçonnage personnalisé, usurpation d'identité, arnaques financières ciblées.

Face à ces notifications de fuite, une partie des Français réagit : 59 % des personnes concernées se disent devenues plus vigilantes envers les mails, SMS et appels inconnus, 53 % ont changé leurs mots de passe et 44 % ont renforcé la surveillance de leurs comptes bancaires. Des réflexes encourageants, mais encore loin d'être généralisés. L'étude révèle par ailleurs un paradoxe générationnel frappant : les 18-34 ans, pourtant plus exposés aux conséquences concrètes des cyberattaques 26 % rapportent un impact émotionnel ou une charge mentale accrue, contre 16 % chez les 55-75 ans, et 18 % évoquent une perte d'accès à un compte, contre seulement 5 % chez leurs aînés sont aussi ceux qui réagissent le moins : 13 % d'entre eux n'ont rien entrepris après une fuite de données, contre 6 % seulement chez les plus âgés.

Autre signal préoccupant : le sentiment d'information recule. Seuls 55 % des Français s'estiment aujourd'hui suffisamment informés sur les risques numériques, contre 63 % en 2024. Un quart des sondés (25 %) reconnaît ne pas se sentir assez sensibilisé. Internet (46 %) et les services publics officiels (40 %) restent néanmoins les sources de confiance privilégiées pour s'informer.

« L'industrialisation de la cybercriminalité et la généralisation des attaques exigent que nous passions d'une simple prise de conscience à une véritable culture de l'action. Ne rien faire après une violation de données, c'est laisser une porte ouverte sur sa vie numérique », alerte Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr, qui appelle à amplifier les efforts de prévention.

C'est précisément l'ambition de la 14ᵉ édition du Cybermois, qui s'ouvre en octobre avec le soutien de plus de 2 400 partenaires institutionnels et privés.

Au programme : une nouvelle ressource pédagogique conçue avec la CNIL, « Violation de données personnelles, que faire en 3 étapes clés », qui détaille les bons réflexes à adopter du premier jour à J+30 après une fuite ; une campagne nationale d'affichage, « Se cyber protéger, ce n'est pas si bête », déployée chez 15 000 marchands de presse et 2 500 maisons France services ; et le retour du CyberTour de France, avec des rendez-vous à Rennes, Rouen, Lille, Montpellier et Paris.

Le coup d'envoi de cette mobilisation nationale sera donné le 1er octobre à Biarritz.

C'est aussi à cette date que sera diffusé notre reportage sur ce sujet, avec une interview de Jérome Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr

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