La proposition de loi portée par Bruno Retailleau visant à lutter contre l’entrisme islamiste a été adoptée par le Sénat le 5 mai 2026 par 208 voix contre 124.
Déposée le 16 mars 2026, elle entend renforcer les outils juridiques permettant de lutter contre les stratégies d’infiltration menées par des mouvances islamistes au sein des institutions publiques et privées.
Le texte s’appuie notamment sur le rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France », remis en 2025 au ministère de l’Intérieur, qui alertait sur l’implantation de réseaux liés à l’islamisme politique. Selon ses défenseurs, cette menace vise à substituer progressivement les règles religieuses aux principes républicains.
La proposition de loi crée un nouveau délit d’atteinte aux principes fondamentaux de la République. Celui-ci sanctionnerait les actions concertées destinées à imposer des pratiques contraires aux lois républicaines dans des organismes publics ou privés. Le texte prévoit également de nouveaux motifs de dissolution administrative d’associations, un contrôle renforcé des structures accueillant des mineurs et un encadrement accru des constructions destinées au culte.
Le débat au Sénat a révélé des oppositions politiques. La gauche a dénoncé un texte jugé stigmatisant et électoraliste. Patrick Kanner a qualifié la proposition de « tract politique », tandis que Guillaume Gontard a dénoncé une « idéologie d’exclusion ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a adopté une position prudente. Tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre l’entrisme islamiste, il a émis des réserves sur plusieurs dispositions, notamment sur leur conformité constitutionnelle. Rappelons que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, travaille sur un projet de loi sur l’entrisme et attend l’avis du conseil d’Etat avant de le présenter en Conseil des ministres.
