Le jeudi 16 avril, 2026 le Conseil National des Activités Privées de Sécurité organisait un point presse à l’occasion de la publication de son rapport d’activité 2025. Un moment clé pour l’institution, marqué par une introduction engagée de son président, Stéphane Volant.
“Ce n’est un secret pour personne : j’aime le CNAPS.” C’est par ces mots que le président a ouvert cette séquence, assumant pleinement son attachement à une institution qu’il considère comme stratégique pour la sécurité du pays.
Ainsi, Stéphane Volant a insisté sur une réalité désormais largement partagée : la sécurité privée est aujourd’hui un maillon essentiel de la chaîne de sécurité globale.
Il a également rappelé la singularité du modèle du CNAPS, fondé sur une gouvernance originale associant l’État, les professionnels du secteur et des personnalités qualifiées. Un équilibre qui, selon lui, explique en grande partie la réussite de l’établissement et la reconnaissance dont il bénéficie aujourd’hui.
Dans la continuité, le préfet David Clavière, directeur du CNAPS, a présenté les grandes lignes du rapport d’activité 2025. Une année marquée par l’héritage structurant des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Près de 25 000 nouveaux agents ont intégré la filière à cette occasion, confirmant ainsi la continuité de la dynamique de cet événement.
70 621 cartes professionnelles ont été délivrées, ainsi que 1 649 autorisations d’exercice délivrées aux entreprises de sécurité privée (établissements principaux et secondaires), ainsi que 4 061 agréments dirigeant, gérant et associé.
630 autorisations d’exercice ont été remises aux organismes de formation.
Mais au-delà de cet apport massif, 2025 apparaît surtout comme une année de consolidation et de transformation.
Le directeur a particulièrement insisté sur le déploiement du système d’information Dracar Ultimate, intervenu début 2026. Plus qu’un simple outil, il s’agit selon lui d’une transformation profonde de la relation à l’usager, permettant de simplifier les démarches, d’améliorer la lisibilité des procédures et d’élever le niveau de service rendu aux professionnels. Renforcer l’accessibilité, la lisibilité et la performance de ses services : voici ce qu'incarne ce nouvel outil, l’ambition du CNAPS étant d'être reconnu comme un service public plus moderne, plus fluide et plus proche des attentes des professionnels.
Dans la continuité de la modernisation des outils :
- Plateforme d'examen (QCM) : lancement d’un appel à manifestation d'intérêt pour une plateforme centralisée d'examens théoriques en 2026, pour une mise en œuvre fin 2027.
- Carte professionnelle sécurisée : Une carte physique intégrant les données de Dracar Ultimate sera mise en place début 2027 pour lutter contre l'usurpation d'identité.
Parallèlement, le renforcement des partenariats a constitué un axe structurant de l’année, notamment avec le Service National des Enquêtes Administratives de Sécurité (SNEAS). Cette coopération permet aujourd’hui de sécuriser davantage les procédures d’instruction et de fiabiliser les décisions.
Le CNAPS a également intensifié son action de contrôle, cœur de sa mission, en lien étroit avec les services de l’État, les préfets et les procureurs. 1 820 contrôles ont été effectués.
La lutte contre le travail dissimulé a été érigée en priorité, illustrant une volonté claire : garantir une concurrence loyale et renforcer la professionnalisation du secteur.
Enfin, le préfet Michel Delpuech, président de la commission de discipline, Conseiller d’Etat (se) honoraire, est revenu sur l’activité disciplinaire de l’année. Il a souligné la montée en puissance des contrôles et la fermeté des sanctions prononcées, dans un contexte marqué par des enjeux importants de régulation.
En se réunissant à vingt-huit reprises, la commission de discipline du CNAPS a eu une activité particulièrement soutenue en 2025. Ses décisions de sanction en témoignent : 289 au total, dont 171 interdictions temporaires d’exercice (60 %), 99 blâmes (34 %) et 19 avertissements (6 %), le tout assorti de 273 pénalités financières pour un montant total de 2,9 millions d’euros.
Les interdictions temporaires d’exercer, parfois longues, et les pénalités financières témoignent d’une volonté de responsabilisation accrue des acteurs.
Il a également évoqué les évolutions à venir, notamment la déconcentration de certaines décisions afin de réduire les délais de traitement, aujourd’hui encore longs pour les dossiers complexes.
À travers ces différentes interventions, une ligne directrice se dessine clairement : celle d’un CNAPS en pleine transformation, à la fois plus exigeant, plus moderne et plus intégré dans le continuum de sécurité.
Le rapport d’activité 2025 ne se contente pas de dresser un bilan. Il trace une trajectoire : celle d’une sécurité privée pleinement reconnue, régulée et structurée, au service d’une sécurité globale durable.
Un reportage vidéo avec une interview du directeur du CNAPS paraîtra cette semaine. Il reviendra sur ces quelques chiffres mais portera également sur les tenues des agents de sécurité et le travail illégal.
