Incendies en établissements de santé

Publié le 11 septembre 2026

Un sinistre sur vingt seulement, mais près des deux tiers de la facture. C'est le paradoxe que met en lumière une étude publiée par l'assureur mutualiste Relyens, spécialisé dans la couverture des risques du secteur sanitaire et médico-social.

Selon lFrançois Renoul, responsable de l'ingénierie des risques bâtimentaires et climatiques au sein du groupe, les incendies ne représentent que 4 % des sinistres recensés dans les hôpitaux, cliniques et structures médico-sociales, mais concentrent à eux seuls 64 % du coût total des dommages bâtimentaires.

Cette analyse repose sur un travail de fond mené sur près de dix ans, entre 2016 et 2025 : environ 30 000 sinistres, survenus dans plus de 3 000 établissements assurés par le groupe, ont été passés au crible, pour un montant cumulé de dommages avoisinant 180 millions d'euros. Il ne s'agit donc pas de projections statistiques, mais bien d'un retour d'expérience construit sur des événements réels, ce qui permet de dégager des tendances structurelles plutôt que des impressions ponctuelles.

Le constat est sans appel : l'incendie est le sinistre le plus rare de la statistique, mais de très loin le plus onéreux. Ce déséquilibre entre fréquence et gravité invite les établissements à revoir leurs priorités en matière de prévention, en concentrant les efforts sur ceux qui, une fois déclenchés, s'avèrent les plus destructeurs.

Sur les causes des départs de feu, l'étude est tout aussi instructive : la quasi-totalité trouve une origine humaine. Parmi les facteurs les plus fréquemment identifiés figurent les patients fumeurs en chambre, les défauts électriques sur des appareils mobiles ou mal entretenus, ainsi que des travaux par point chaud insuffisamment encadrés sur le plan de la sécurité. Autrement dit, des causes largement identifiables et, pour une bonne part, évitables par une vigilance renforcée au quotidien.

Les conséquences d'un incendie dépassent largement le seul préjudice matériel. Au-delà des murs et des équipements endommagés, c'est souvent un service entier qui doit fermer, parfois pendant plusieurs semaines, avec des patients à déplacer, des soins à réorganiser en urgence et des équipes soignantes mobilisées pour gérer la crise tout en poursuivant leur mission de prise en charge. La continuité des soins, plus que la seule reconstruction, devient alors l'enjeu central.

Face à ces constats, Relyens formule plusieurs pistes de prévention destinées aux établissements de santé : un contrôle renforcé et régulier des installations électriques, un encadrement strict des interventions par point chaud lors de travaux, ainsi que des politiques internes plus fermes concernant le tabagisme en chambre. L'étude souligne également que, dans la majorité des cas analysés, des signaux avant-coureurs existaient avant le sinistre, ce qui plaide pour une culture du risque plus systématique au sein des organisations.

Ce panorama, disponible sur le site de Relyens, ne se contente donc pas de dresser un état des lieux chiffré de la sinistralité bâtimentaire dans le secteur sanitaire. Il propose une grille de lecture opérationnelle pour aider les directions d'établissements à mieux anticiper les risques et à renforcer leur résilience.

Car, comme le stipule François Renoul, sur LinkedIn, la véritable question n'est pas de savoir si un établissement sera un jour confronté à ce type de sinistre, mais bien de savoir dans quelle mesure il s'y sera préparé lorsque cela arrivera.

 

Pour télécharger l'étude “Panorama dommages aux biens des établissements de soins”: Panorama dommages aux biens des établissements de soins

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