Radicalisation en ligne : quand les codes du jeu vidéo servent la propagande extrémiste

Publié le 26 août 2026 par Oriane Bussard

Cyber-attaque par hacker ©Tero Vesalainen

Défis, classements, récompenses, quête de reconnaissance : dans son rapport annuel EU TE-SAT 2026, publié le 13 juillet, Europol alerte sur l'exploitation des mécanismes de « gamification » par des acteurs terroristes et extrémistes violents pour toucher un public jeune et vulnérable.

La radicalisation peut désormais emprunter les codes d'un jeu : défis à relever, classements à gravir, récompenses à décrocher, reconnaissance à conquérir au sein d'un groupe. C'est ce que documente Europol dans son rapport EU TE-SAT 2026, publié le 13 juillet dernier, consacré à l'exploitation par des acteurs terroristes et extrémistes violents des mécanismes de « gamification ». Leur objectif, selon l'agence européenne : rendre les contenus violents plus attractifs, favoriser leur banalisation, et brouiller progressivement la frontière entre participation en ligne et passage à l'acte dans le monde réel.

Un point mérite d'être souligné avec clarté : le jeu vidéo ne radicalise pas en lui-même. Le risque réside dans le détournement de certains espaces communautaires et de leurs codes pour capter des personnes vulnérables, notamment parmi les plus jeunes.

Le Conseil de l'Europe l'a lui aussi rappelé lors de sa conférence du 26 mai 2026 : la prévention exige une réponse coordonnée, associant services de sécurité, justice, acteurs sociaux, éducateurs, familles et plateformes numériques. Aucun de ces acteurs, pris isolément, n'étant en mesure de traiter le phénomène.

Pour les professionnels de terrain, l'enseignement est concret : il ne s'agit pas de rechercher un profil type ou d'interpréter un contenu isolé, mais de savoir observer une trajectoire. Les signaux à croiser sont identifiés : banalisation répétée de la violence, recherche croissante de reconnaissance au sein d'un groupe fermé, glissement vers des espaces numériques plus privés, fascination pour les auteurs d'attaques ou les logiques de défi, et enfin rupture comportementale accompagnée d'une volonté d'agir. Prévenir, c'est contextualiser, croiser les signaux et transmettre une information factuelle, dans le respect du droit et sans stigmatisation.

C'est précisément l'approche développée par le certificat « Prévention des menaces terroristes et de l'extrémisme violent » (PMT) de l'Université Paris-Panthéon-Assas, dispensé par Assas Executive Education.

Ouverte aux professionnels de la sûreté, cette formation vise à faire comprendre les mécanismes contemporains de radicalisation, à détecter les signaux faibles et à acquérir des réflexes opérationnels adaptés ; sa prochaine session se tiendra les 12, 13 et 14 novembre 2026.

Prévenir la radicalisation en ligne mobilise ainsi un éventail d'acteurs bien plus large que les seuls services de sécurité : éducateurs, familles, plateformes numériques, justice.

A la une

Agora News Sécurité - Le Mag'

Derniers articles