Livre blanc 2027-2032 : la FFMI veut faire de la prévention incendie une priorité nationale

Publié le 1 octobre 2026 par Oriane Bussard

Main choisir la sécurité sur la pile de jouet en bois avec des icônes de prévention d'incendie ©Noin90650

C'est en Haute-Savoie, au Mondial Secours et Protection, que la Fédération Française des Métiers de l'Incendie (FFMI) a présenté son nouveau Livre blanc. Le salon, qui se tient du 30 septembre au 2 octobre 2026, réunit les sapeurs-pompiers, les services de l'État et les industriels de la sécurité civile. La fédération y expose sa feuille de route pour 2027-2032.

L'exercice n'est pas nouveau. En 2022, la FFMI avait déjà publié ses propositions avant les élections, autour de quatre thèmes : des bâtiments sûrs, la défense des territoires, la protection des citoyens et la compétitivité économique. La nouvelle édition va plus loin. Elle part d'un constat : en quelques années, les risques ont changé de nature.

Les chiffres restent préoccupants. Selon les sapeurs-pompiers, il se déclare en France un départ de feu toutes les deux minutes. Les incendies domestiques font environ 500 morts par an. La fumée cause près de 80 % de ces décès, et 70 % des drames mortels ont lieu la nuit, pendant le sommeil. Le détecteur de fumée est obligatoire dans tous les logements depuis la loi du 9 mars 2010, et il divise par dix le risque de mourir dans un incendie. Encore faut-il qu'il soit installé, entretenu et en état de marche.

C'est le premier axe du Livre blanc : rendre la prévention vraiment efficace dans le logement. Une obligation inscrite dans la loi ne suffit pas. Il faut s'assurer qu'elle est appliquée au quotidien.

Le deuxième axe porte sur les transformations du bâtiment et des usages. La construction bois, la rénovation énergétique, les panneaux photovoltaïques, les batteries lithium et la recharge des véhicules électriques créent de nouveaux scénarios d'incendie. Les règles doivent anticiper ces changements plutôt que les découvrir après coup.

Le climat amplifie aussi la menace. À l'été 2025, l'incendie de l'Aude a été le plus important feu de forêt depuis cinquante ans en France. D'après le bilan de l'ONF, il a presque doublé à lui seul la surface brûlée sur l'année. Ce type d'événement rappelle que la sécurité civile doit se préparer à des crises plus fréquentes et plus intenses.

Le troisième axe mise sur l'éducation. La FFMI souhaite installer une culture du risque dès l'enfance. Savoir donner l'alerte, reconnaître un danger ou évacuer un lieu, cela s'apprend tôt et cela sert toute la vie.

Le quatrième axe est économique et stratégique. La fédération appelle à consolider une base industrielle et technologique française capable d'équiper durablement les acteurs du secours. Dans un contexte international incertain, maîtriser la production des équipements de détection, d'extinction ou d'intervention devient un enjeu de souveraineté.

Enfin, le cinquième axe vise la gouvernance. Aujourd'hui, la sécurité incendie dépend de plusieurs ministères : Intérieur, Logement, Travail, Éducation, Industrie. La FFMI propose un pilotage interministériel pour mettre fin aux politiques dispersées et donner plus de cohérence à l'action publique.

Avec ce document, la fédération veut peser dans le débat public avant les prochaines échéances électorales. Son ambition est de mieux prévenir, de mieux anticiper et de protéger durablement chaque citoyen, chez lui, au travail comme dans l'espace public.

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