Lors du Salon SITEM qui s’est tenu au Carrousel du Louvre, jeudi 26 mars 2026, les acteurs de la sécurité culturelle se sont réunis autour d’un enjeu central : repenser la sûreté des musées à l’heure des nouvelles pratiques.
Lors d’une table ronde, animée par Stéphane Thefo, spécialiste de la sécurisation du patrimoine culturel, plusieurs experts ont croisé leurs regards : Loïc Poucel, Directeur adjoint, en charge de l'accueil, la sécurité et la continuité d'activité de Radio France ; Christophe Marion, Député de la 3ème circonscription de Loir-et-Cher et Robert Blaizeau, Directeur des musées de la métropole Rouen Normandie.
Une question structurante : un musée ouvert peut-il rester un musée sûr ?
Les musées évoluent. Ils s’ouvrent, se transforment, cherchent à démocratiser l’accès à la culture. Mais comme l’ont souligné les intervenants, cette ouverture s’accompagne d’une exposition accrue aux risques.
Les formes de criminalité changent. Moins de grand banditisme… plus de délinquance opportuniste. Des vols rapides, ciblant parfois davantage la matière que la valeur culturelle des œuvres.
Pour Loïc Poucel, tout l’enjeu réside dans un équilibre subtil :protéger sans dénaturer. Faut-il protéger une œuvre sous vitrine ? Ou préserver une expérience immersive pour le visiteur ? Chaque choix devient stratégique, dans un arbitrage constant entre visibilité et sécurité.
Autre point clé partagé par les experts : la sûreté ne peut plus être pensée en silo. Elle doit être intégrée dès la conception des projets. Cela suppose une collaboration étroite entre directions de musées et directions sûreté, avec une cartographie des risques claire et des investissements adaptés.
Pour Christophe Marion, la sécurité culturelle s’inscrit désormais dans une approche globale, à la croisée des enjeux patrimoniaux, sociétaux et institutionnels. Mais au-delà des outils, les intervenants ont insisté sur un levier essentiel : le facteur humain.
Former, sensibiliser, diffuser une culture du signal faible. Agents, équipes internes… mais aussi visiteurs, chacun devient acteur de la vigilance.
Des démarches innovantes émergent, comme au Château de Chambord, où des solutions d’auto-vigilance sont en cours de développement.
Autre enseignement : la montée des risques cyber. Les institutions culturelles sont désormais pleinement concernées.
En parallèle, les technologies de sûreté évoluent. La vidéoprotection algorithmique permet aujourd’hui de détecter des comportements suspects et d’accompagner les opérateurs dans leur prise de décision.
Pour Robert Blaizeau, l’enjeu est clair : intégrer ces outils sans complexifier l’exploitation au quotidien.
Le défi est désormais posé : assurer un haut niveau de sécurité… sans la rendre visible.
Concilier performance, maîtrise des coûts et qualité de l’expérience visiteur.
Comme l’a rappelé Loïc Poucel, les œuvres doivent être protégées comme des bijoux de haute joaillerie.
