Par Oriane Bussard
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ANews Sécurité met à l’honneur celles qui ont choisi de s’imposer dans un univers encore largement masculin : la sécurité. Parcours, obstacles, réussites et convictions… Ces professionnelles partagent leur expérience et livrent leurs conseils à toutes celles qui souhaitent embrasser cette carrière.
Focus sur le témoignage de Cindy Dumas, Responsable Pôle Sûreté Sécurité Protection des données personnelles à Grand Delta Habitat.
- Qu’est-ce qui vous a donné l’élan pour évoluer dans le secteur de la sécurité ?
J’ai toujours été attirée par les questions liées à la sécurité et à la justice.
- Quelles étapes ont été déterminantes dans votre accession à des fonctions de direction/management ?
Après des études en droit et en criminologie, j’ai débuté ma carrière dans l’immobilier, d’abord dans une agence immobilière en tant que Principale de copropriété, puis au sein de Grand delta habitat, bailleur social, une coopérative dynamique qui valorise l’initiative et encourage les nouvelles idées.
Au fil de mon parcours à Grand delta habitat, la passerelle entre l’immobilier et la sûreté s’est très rapidement imposée : à l’occasion du départ à la retraite du Responsable sûreté, j’ai eu l’opportunité de reprendre ses fonctions et la chance d’évoluer dans une entreprise qui m’a fait confiance, m’a accompagnée, m’a laissée libre dans mes projets et m’a soutenue dans leur réalisation. La sûreté et la sécurité ont pris une place de plus en plus importante, ce qui m’a permis d’évoluer aujourd’hui au poste de Responsable Sûreté, Sécurité et Protection des données personnelles.
- Quel a été le plus grand défi que vous avez rencontré en tant que femme dans votre carrière et comment l’avez-vous surmonté ?
Mon plus grand défi a été la signature d’une convention avec la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur, faisant de Grand delta habitat, en 2019, le premier bailleur à formaliser ce type de partenariat dans le sud. Cette initiative a marqué le départ d'un partenariat fort et inédit, qui a servi de base au déploiement d’autres beaux partenariats.
Cet accord a aussi permis de confirmer que la structuration du service mise en place était totalement adaptée aux attentes des partenaires et aux enjeux sécuritaires anticipés.
La sécurité n’est pas considérée comme un centre de coût ou une contrainte : c'est une véritable valeur.
Après cette signature, indépendamment de l'événement, j’ai dû choisir entre poursuivre ma carrière à Paris ou rester en Province.
Qui dit Paris, dit capitale, dit nouveaux enjeux, dit se rapprocher des institutions étatiques pour défendre plus facilement les enjeux de notre métier. J’ai finalement choisi de rester en Province pour suivre la mise en œuvre du projet, observer comment allaient se concrétiser sur le terrain l'ensemble des accords négociés et continuer à œuvrer au développement de la fonction au sein de l’entreprise.
Et c’est sans regret, car depuis :
- Une deuxième convention régionale a été conclue avec la direction zonale de la sécurité publique Sud (Police nationale).
Elle a été signée lors de la visite de M. Tireloque, alors directeur zonal de la sécurité publique Sud, que nous remercions à nouveau d’être venu jusqu’à notre siège pour officialiser cet accord.
- Le Pôle sûreté a recruté de nouveaux collaborateurs et un nouveau Pôle, intitulé « Sécurité et RGPD », a été créé
- Puis, en tant que membre du comité de pilotage de l’Agora des Directeurs Sécurité Marseille-Sud, je peux contribuer, depuis la région PACA, à la réflexion sur l’évolution de notre métier.
C’est aussi la preuve qu’il est tout à fait possible de construire une carrière intéressante dans la sécurité, même en Province.
- Comment le leadership féminin contribue-t-il, selon vous, à renforcer la performance de la sécurité ?
Il ne faut pas distinguer le leadership féminin ou masculin. Nous travaillons sur des métiers "passion" / "expert". Ce qui fait la différence et qui crée le leadership naturel est l'expertise, la capacité à vite comprendre, à bien analyser les situations, à comprendre l'humain. Nous travaillons dans un secteur où il faut faire preuve de clairvoyance et d’analyse. La clé est de savoir s’appuyer sur ces qualités avec subtilité.
- Quelles actions concrètes les entreprises de sécurité devraient-elles mettre en place pour favoriser l’accès des femmes aux postes stratégiques ?
Je pense que les femmes doivent oser et se faire confiance sans se poser de question. Elles doivent oser postuler. Ce n'est pas une question d'homme ou de femme mais une question de confiance et de persévérance. Une personne investie et compétente fera, avec le temps, toujours la différence
- Comment voyez-vous l’évolution du secteur de la sécurité et quelles opportunités cela ouvre-t-il pour les femmes dirigeantes ?
La sécurité / sûreté prenant de plus en plus de place dans le secteur privé, ouvre également davantage d’opportunités pour les femmes dirigeantes, dont les compétences et l’expertise sont de plus en plus reconnues dans le domaine. Que l'on soit un homme ou une femme, il est important de faire preuve d'expertise et d'humilité pour l'image de la profession. Il y a une responsabilité collective : continuer de crédibiliser le métier au plus haut niveau pour continuer de créer de plus en plus de nouvelles opportunités, pour tous.
- Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaitent faire carrière dans la sécurité aujourd’hui ?
D'oser, de ne pas penser aux barrières homme / femme. De croire en ses compétences.
Dans la sécurité l’engagement et la persévérance permettent de réussir.
