À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ANews Sécurité met à l’honneur celles qui ont choisi de s’imposer dans un univers encore largement masculin : la sécurité. Parcours, obstacles, réussites et convictions… Ces professionnelles partagent leur expérience et livrent leurs conseils à toutes celles qui souhaitent embrasser cette carrière.
Focus sur le témoignage de Beatrix Renaut, Responsable Sûreté à International SOS.
- Qu’est-ce qui vous a donné l’élan pour évoluer dans le secteur de la sécurité ?
J’ai toujours été passionné de relations internationales. C’est donc naturellement que j’ai poursuivi des études supérieures dans ce domaine, et ai la chance d’être diplômée d’un Master en sécurité internationale de Sciences Po Paris. Une première expérience dans une société de conseils en gestion de risques sûreté pour les entreprises a été un véritable déclic pour moi.
- Quelles étapes ont été déterminantes dans votre accession à des fonctions de direction/management ?
J’ai la chance d’être entourée de personnes bienveillantes, notamment une personne que je considère comme mon mentor depuis toujours, qui sait aussi me challenger. Et c’est en changeant d’entreprise que j’ai pu réellement progresser dans la hiérarchie de la sûreté.
- Quel a été le plus grand défi que vous avez rencontré en tant que femme dans votre carrière et comment l’avez-vos surmonté ?
Je dirais que le plus grand défi, c’est la remise en question de notre légitimité en tant que femme dans un secteur qui est historiquement profondément masculin, et constitué d’ex forces de l’ordre/militaires. C’est quelque chose avec l’expérience que je subis moins. J’ai toujours très bien maîtrisé mes sujets, et pu bénéficier d’une expérience terrain, qui m’ont permis de couper court aux sous-estimations.
- Comment le leadership féminin contribue-t-il, selon, vous, à renforcer la performance de la sécurité ?
Le leadership féminin dans le secteur de la sûreté est clé, parce que l’on voit encore trop peu de femmes à des postes de management ou de direction. Cela a été prouvé, on sait que les équipes sont plus performantes lorsqu’il y a de la diversité y compris de la diversité de genre.
- Quelles actions concrètes les entreprises de sécurité devraient-elle mettre en place pour favoriser l’accès des femmes aux postes stratégiques ?
Allez chercher des profils de femmes, ils ne sont pas nombreux en apparence, ils ne sont peut-être pas très visibles, mais soyez assurés qu’ils existent, et que vous serez très positivement surpris !
- Comment voyez-vous l’évolution du secteur de la sécurité et quelles opportunités cela ouvre-t-il pour les femmes dirigeantes ?
Je vois de plus en plus de femmes rejoindre le secteur de la sûreté, notamment à des postes junior, d’analyste par exemple, puis monter sur des postes de middle management. Je pense que cela est dû aussi au fait que cette dernière décennie on a vu naître de nombreuses formations académiques qui permettent d’ouvrir la voie à ces métiers. En co-fondant le réseau professionnel Women in Security (WinS), avec ma consœur Anaëlle Gabrieli, Global Head of Security chez Pernod-Ricard, nous nous sommes rendues compte que nous étions nombreuses, mais pour beaucoup invisibles, que notre expertise était insuffisamment mise en lumière. C’est la raison même pour laquelle nous avons fondé ce réseau, ainsi que pour permettre l’accession des femmes à des postes de leadership.
- Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaite faire carrière dans la sécurité aujourd’hui ?
Aux jeunes femmes qui souhaitent faire carrière dans le secteur de la sûreté aujourd’hui, je leur dis de foncer si c’est un secteur qui les passionne profondément. Je leur dis aussi que la concurrence est rude, que c’est un secteur très compétitif où les places sont très chères. Mais la motivation liée à une véritable expertise et une expérience terrain, une compréhension des enjeux autour de la protection des personnes des biens sont les atouts minima et forment déjà une solide base.
