[Cybermois] "51 % des femmes partent avant trois ans. Women4Cyber veut changer la donne" - Face aux Asso

Publié le 2 octobre 2026 par Oriane Bussard

Dans ce nouveau numéro de Face aux asso, Virginie Cadieu reçoit Séverine Meunier, administratrice de Women4Cyber, chargée des partenariats. Un échange sans langue de bois sur la place des femmes dans la cybersécurité.

Créée en France en 2021, déclinaison d'un réseau européen plus ancien, Women4Cyber s'est donné une mission simple : aider les femmes, jeunes diplômées ou en reconversion, à trouver leur place dans les métiers de la cyber, de la sécurité et désormais de l'IA.

En cinq ans, l'association a élargi son action. Elle ne se contente plus d'accompagner ses adhérentes, elle interpelle aussi les organisations.

Quatre moments forts de l'émission méritent qu'on s'y arrête.

  1. Le syndrome de l'illégitimité. Là où un homme postule avec une partie des compétences demandées, beaucoup de femmes ne tentent rien tant qu'elles ne cochent pas « 110 ou 120 % » des critères. Pour briser cette autocensure, l'association mise sur le mentorat : quand quelqu'un croit en elles, elles osent se lancer.
  2. Un chiffre qui dérange. Plus de 51 % des profils féminins quittent leur poste avant trois ans. Via son baromètre, Women4Cyber veut aller au-delà des effectifs affichés pour mesurer la rétention, l'accompagnement et les promotions. Séverine Meunier pointe aussi un paradoxe : des offres d'emploi si soigneusement « non genrées » qu'elles finissent par exclure les candidates.
  3. La Sécurité Globale. À l'heure de l'IA et des deepfakes, quand le vrai devient si difficile à distinguer du faux, le responsable de la sécurité des systèmes d'information ne peut plus travailler seul. Séverine Meunier défend une « sécurité globale » qui réunit cyber, sûreté physique et renseignement, car les ingérences et les tentatives de déstabilisation passent aussi par le terrain.
  4. L'appel à l'engagement. Réserviste opérationnelle, l'invitée termine par un plaidoyer pour la réserve, qu'elle soit opérationnelle, spécialiste ou citoyenne, auprès de l'Intérieur, des Armées ou des collectivités. Elle y voit un moyen pour les jeunes sans réseau de s'en construire un, et une façon de rappeler un principe : « Je prends, je donne. »

Une demi-heure dense, concrète et engagée, à regarder dès aujourd'hui.

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