Sécurité économique : la Gendarmerie publie un guide pratique pour protéger les PME et ETI

Publié le 26 octobre 2026 par Oriane Bussard

Un professionnel de l'entreprise travaille sur un ordinateur portable ©Ksw Photographer

Conçu par la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) et préfacé par Thomas Courbe, directeur général des entreprises, au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de France - Commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économiques (CISSE), ce guide décrypte les menaces qui pèsent sur les entreprises et propose des réponses concrètes.

Cyberattaques, espionnage industriel, escroqueries au « faux président », prises de participation hostiles, campagnes de désinformation : les entreprises françaises sont aujourd’hui exposées à un large éventail d’atteintes. Pour aider leurs dirigeants à y faire face, la Gendarmerie nationale publie son Guide des atteintes à la sécurité économique.

Réalisé par le centre de sécurité économique de la SDAO, le document est une édition révisée et augmentée du « Jeu des huit familles d’atteintes à la sécurité économique », conçu avec l’École européenne d’intelligence économique. Il s’adresse en priorité aux PME et ETI, souvent moins armées que les grands groupes mais tout aussi convoitées pour leurs savoir-faire et leur place dans des chaînes de valeur stratégiques.

Dans sa préface, Thomas Courbe, également commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économiques, rappelle que ces risques concernent les entreprises de toute taille, dans tous les secteurs et sur l’ensemble du territoire. Il invite chaque dirigeant à faire de la sécurité économique une composante de sa stratégie de développement.

Le guide s’organise en trois grandes parties. La première recense les « vecteurs d’ingérences » en sept familles : sûreté des sites, intrusions consenties (salons, visites de délégations étrangères, personnel temporaire), atteintes aux savoir-faire, escroqueries, écosystème de l’entreprise, cyber et attaques informationnelles. Chaque fiche suit une même grille : une définition, le cadre juridique applicable, un cas concret et les points essentiels à retenir.

Les exemples parlent d’eux-mêmes : un laboratoire médical qui perd des mois de recherche après une intrusion nocturne faute d’alarme, une PME délestée de plus de 50 000 euros par un faux courriel de son PDG, ou un sous-traitant aéronautique paralysé 48 heures par une attaque par déni de service à la veille d’une livraison sensible.

La deuxième partie détaille les bonnes pratiques : confidentialité, protection des données personnelles, clauses contractuelles, zones à régime restrictif, parcours de visite sécurisés, désignation d’un responsable sécurité et plan de continuité d’activité. La troisième montre comment les sept piliers de la responsabilité sociétale des entreprises contribuent, eux aussi, à rendre l’entreprise moins vulnérable.

Enfin, le guide recense les ressources utiles, de l’outil d’autodiagnostic Diagseco aux canaux de signalement de la gendarmerie, de la DGSI, de la DRSD ou de Cybermalveillance.gouv.fr.

Un message traverse l’ensemble : la sécurité économique n’est pas une affaire de méfiance, mais d’anticipation. Protéger ses savoir-faire, c’est préserver sa capacité à innover et, au-delà, la souveraineté économique du pays.

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