
Le pape Léon XIV ©Marco Iacobucci Epp
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a détaillé devant la presse le plan de sécurité mis en place pour la visite du pape Léon XIV en France, qualifiée d'« exceptionnelle » tant par son ampleur que par la mobilisation qu'elle exige des forces de l'ordre. Le souverain pontife se rendra successivement à Paris puis à Lourdes les 25 et 26 septembre, dans le cadre d'un déplacement qui devrait rassembler des centaines de milliers de fidèles.
Selon les chiffres communiqués par le ministère, environ 15 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés sur l'ensemble du dispositif, dont près de 14 000 pour la seule région parisienne et environ 1 000 pour les Hautes-Pyrénées, où se trouve le sanctuaire de Lourdes. Ce contingent rassemble policiers, gendarmes, forces mobiles ainsi que des militaires de l'opération Sentinelle. En appui sanitaire, 2 500 sapeurs-pompiers de Paris seront également déployés pour couvrir l'événement.
Le ministre a insisté sur la diversité des unités d'élite engagées : démineurs, tireurs d'élite, motards, et même des navettes fluviales sur la Seine pour la surveillance des berges. À cela s'ajoutent des unités d'intervention parmi les plus aguerries du dispositif sécuritaire français, à savoir la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) de la préfecture de police de Paris, le Raid et le GIGN, positionnés en soutien pour toute situation nécessitant une intervention rapide.
Concernant les mesures de contrôle, Laurent Nuñez a précisé que des fouilles et palpations systématiques seraient effectuées aux différents périmètres de protection établis autour des lieux de rassemblement. La surveillance sera également renforcée par l'usage de drones, destinés à repérer en temps réel d'éventuels mouvements de foule anormaux. Le pape lui-même sera entouré, lors de ses déplacements en papamobile, d'une « bulle de protection » de policiers à pied chargés de détecter tout comportement suspect à proximité immédiate du cortège.
Sur le plan logistique, les Champs-Élysées, où doit se tenir la grande messe du vendredi, seront découpés en quatorze zones (ou « box ») distinctes, afin de répartir et canaliser l'affluence des fidèles attendus. Le ministère table sur une présence pouvant atteindre 500 000 personnes pour cette messe, tandis que 80 000 fidèles sont attendus la veille pour une veillée au Stade de France. À Lourdes, ce sont environ 150 000 pèlerins qui devraient converger vers le sanctuaire.
Interrogé sur le niveau de menace, Laurent Nuñez a tenu à se montrer rassurant : à ce stade, les services de renseignement français n'ont identifié aucune menace terroriste spécifique visant cet événement, ni aucun projet de subversion violente émanant de mouvances radicales, qu'elles soient d'extrême gauche ou d'extrême droite. Aucune action de contestation organisée n'a par ailleurs été détectée en lien avec les prises de position du pape. Le ministre a néanmoins souligné que la vigilance resterait maximale compte tenu de l'ampleur inédite de l'événement et de la nature symbolique de la visite papale, qui en fait, par nature, une cible potentielle nécessitant une anticipation rigoureuse de tous les scénarios.
Ce dispositif, l'un des plus importants déployés en France pour un événement religieux, illustre la volonté des autorités de concilier ouverture au public et sécurité maximale, à quelques jours d'un rassemblement dont l'ampleur pourrait marquer les esprits.
