
Rapport de l'inspection générale de la police nationale 2025 ©ministère de l'Intérieur
L'Inspection générale de la police nationale a publié son rapport annuel 2025 mercredi 23 septembre. Ce document de 168 pages confirme un basculement : les dérives liées à l'argent et aux fichiers prennent le pas sur les violences.
Cette publication de l’institution a pour objectif de participer à la transparence de l'action de la Police nationale.
Parmi les thèmes, la rédaction d’ANews Sécurité s’est tout particulièrement intéressés à :
- La lutte contre la corruption
- L'usage de la force
- La discrimination et le harcèlement
- La structuration de la filière déontologie de la police nationale.
Saisie de 1 007 enquêtes judiciaires (+10 %), l'IGPN a consacré 235 d'entre elles à la probité. Ces dossiers visent 341 infractions. Les consultations illicites de fichiers bondissent de 81 % (136 infractions), la corruption de 33 % (88 infractions) et les violations du secret de 26 % (117 infractions). Le directeur de l'IGPN, Stéphane Hardouin, voit toutefois un signe positif : « pour la première fois, la détection interne, portée par l'ensemble du commandement », pèse lourd dans cette hausse. La riposte s'organise. La Délégation nationale anti-corruption a été créée le 1er septembre 2025. Le projet SCAF-PN, qui détecte par algorithme les consultations anormales de fichiers, fonctionne déjà.
L'usage de la force, lui, recule : 322 enquêtes, contre 428 un an plus tôt. C'est le niveau le plus bas de la série publiée depuis 2015.
Sur la discrimination et le harcèlement, les enquêtes judiciaires pour harcèlement moral ou sexuel passent de 87 à 57. Celles pour injures racistes ou discriminatoires passent de 43 à 32. En interne, la plateforme Signal-Discri a pourtant reçu 226 signalements, soit 19 % de plus qu'en 2024. Le harcèlement moral en représente 61,5 %.
Enfin, la filière déontologie prend forme. Sa doctrine a été validée le 7 juillet 2026 et place l'IGPN à sa tête. Pour la première fois, le rapport regroupe les chiffres de tous les services de la Police nationale : 2 358 enquêtes judiciaires et 4 199 enquêtes administratives. En tout, 4 080 agents ont été visés par une enquête administrative, et 60 % des cas clôturés ont débouché sur des poursuites disciplinaires. Le directeur résume l'esprit de la démarche : « La déontologie oblige et elle protège ! »
Le rapport est disponible ICI.
