LPM : un accord trouvé sur 36 milliards d'euros supplémentaires pour la défense

Publié le 25 juin 2026 par Oriane Bussard

Le Sénat ©Isogood_patrick  

La commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs est parvenue à un accord sur le projet de loi actualisant la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Le compromis confirme une augmentation de 36 milliards d'euros des crédits de la défense, portant l'enveloppe globale à 436 milliards d'euros sur la période.

Si le montant global reste inchangé par rapport au texte initial du Gouvernement, les parlementaires ont revu le calendrier de montée en puissance des crédits. À la demande du Sénat, 1,2 milliard d'euros sera avancé dès 2028, afin d'accélérer certains investissements jugés prioritaires. Cette anticipation sera compensée par une diminution des crédits prévus en 2029 et 2030.

Les discussions ont été marquées par d'importantes divergences sur l'effort budgétaire à consentir face à la dégradation du contexte stratégique international. Certains sénateurs souhaitaient aller au-delà des 36 milliards d'euros, tandis que d'autres plaidaient pour une trajectoire financière plus soutenable.

Le texte renforce également plusieurs mécanismes destinés à sécuriser l'exécution de la programmation militaire. Les parlementaires ont notamment prévu des dispositions pour limiter l'impact des gels budgétaires, mieux couvrir les surcoûts des opérations extérieures et faciliter le remplacement des équipements perdus en opération. Le Parlement bénéficiera également d'une information renforcée sur l'état des stocks et de la production de munitions.

Les conclusions de la commission mixte paritaire doivent désormais être soumises au vote définitif du Sénat puis de l'Assemblée nationale.

Dans le même temps, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a appelé les États européens à accélérer leur montée en puissance militaire afin d'anticiper une réduction annoncée de la présence américaine en Europe. Il estime que les Européens devront investir près de 500 milliards d'euros pour acquérir les capacités stratégiques aujourd'hui largement fournies par les États-Unis, notamment dans les domaines du renseignement spatial et du ravitaillement en vol.

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