Le lieutenant-colonel Marc-Antoine Brillant s'apprêterait à tourner une page. Selon plusieurs sources concordantes, le chef du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum) quittera ses fonctions début octobre pour fonder une structure de contre-ingérence, adossée au groupe de communication Havas, dirigé par Yannick Bolloré.
Officiellement, la transition est présentée comme maîtrisée. Anne-Sophie Dhiver, actuelle numéro deux du service, assurerait l'intérim en attendant la nomination d'un successeur. Passée par Google pendant douze ans, où elle a notamment contribué à une cellule de lutte contre la désinformation lors de précédents scrutins français, ainsi que par TF1, cette diplômée de l'ESCP avait rejoint Viginum en 2021 avant d'en devenir l'adjointe.
Saint-cyrien, titulaire d'une maîtrise en droit international et européen et d'un DEA en sociologie des conflits, Marc-Antoine Brillant a commandé des unités de combat au Régiment de marche du Tchad avant de passer par l'École de guerre. Son parcours l'a ensuite mené du ministère des Armées à l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), puis au SGDSN, où il a pris la tête de Viginum par intérim dès juillet 2023 avant d'être confirmé.
C'est cette expertise, forgée au cœur de l'État, qu'il compte désormais mettre au service d'une clientèle privée. Sa future agence, montée en partenariat avec Havas, aurait pour objectif de conseiller des dirigeants d'entreprise confrontés à des menaces informationnelles — un marché en pleine expansion, entre cyberattaques réputationnelles, campagnes de dénigrement coordonnées et ingérences numériques visant les entreprises comme les États.
