Un accord-cadre de 2,5 M€ pour sécuriser le patrimoine d'IDFM

Publié le 28 septembre 2026 par Oriane Bussard

Une vue aérienne sur Rennes, France ©MAD.vertise

De passage à Rennes, le 25 septembre 2026, le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l'ANSSI, est allé à la rencontre des équipes d'Orange Cyberdefense. Une visite qui dit beaucoup du poids pris par la Bretagne dans la défense numérique du pays.

Il y a des déplacements qui valent symbole. Quand le numéro deux de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information choisit de consacrer une journée au campus rennais d'Orange Cyberdefense, ce n'est pas seulement une visite de courtoisie : c'est la reconnaissance d'un territoire devenu incontournable. En l'espace d'une décennie, la Bretagne s'est imposée comme la première région cyber de France hors Île-de-France, et l'entité cybersécurité du groupe Orange en a fait l'un de ses points d'appui majeurs.

Un écosystème construit pierre par pierre

Le succès breton n'est pas le fruit du hasard. Dès 2013, la Région a fait le pari de structurer une filière cyber, en s'appuyant sur un socle déjà solide : la présence historique des télécoms autour de Rennes et Lannion, le centre DGA Maîtrise de l'information à Bruz, les écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan et un tissu universitaire dense.

En 2014, le ministère des Armées et la Région ont créé le Pôle d'excellence cyber, chargé de faire travailler ensemble formation, recherche et développement économique. Dix ans plus tard, en 2024, la Bretagne Cyber Alliance a été labellisée troisième campus cyber national, fédérant notamment Rennes Métropole et Brest Métropole. Entre-temps, le centre régional de réponse aux incidents Breizh Cyber a vu le jour en 2023 pour épauler entreprises, associations et collectivités : plus de 300 appels et 114 incidents traités dès sa première année.

Résultat, selon les données de la Région : 160 entreprises, 8 000 emplois et quelque 3 500 étudiants formés aux métiers de la cybersécurité. Des structures comme la CyberSchool de l'Université de Rennes, l'IMT Atlantique ou CentraleSupélec alimentent un vivier de talents que les entreprises s'arrachent.

Menaces, IA et réglementation au cœur des échanges

La rencontre entre le général Bajard et les experts d'Orange Cyberdefense a porté sur trois grands chantiers. D'abord, l'évolution de la menace : rançongiciels toujours plus professionnalisés, attaques visant la chaîne d'approvisionnement, opérations d'espionnage liées au contexte géopolitique. Ensuite, l'intelligence artificielle, qui joue un double rôle : elle aide les attaquants à automatiser l'hameçonnage ou la recherche de failles, mais elle permet aussi aux défenseurs de détecter plus vite les signaux faibles dans des volumes de données considérables.

Enfin, le cadre réglementaire, en pleine recomposition. Avec la loi Résilience, qui transpose notamment la directive européenne NIS2, le périmètre des organisations soumises à des obligations de cybersécurité change d'échelle : de quelques centaines d'opérateurs d'importance vitale, on passe à plusieurs milliers d'entités « essentielles » ou « importantes » réparties dans 18 secteurs. S'y ajoutent le règlement DORA pour le secteur financier, applicable depuis janvier 2025, et la Loi de programmation militaire (LPM) pour les activités les plus sensibles. Pour de nombreuses PME et collectivités, c'est une première confrontation avec la conformité cyber.

Quatre qualifications ANSSI, un gage de confiance

Dans ce paysage, les qualifications délivrées par l'ANSSI servent de boussole aux organisations qui cherchent un prestataire. Elles ne sont accordées qu'après une évaluation exigeante des compétences, des méthodes et de la sécurité du prestataire lui-même. Orange Cyberdefense en détient quatre :

  • PASSI – audit de la sécurité des systèmes d'information (tests d'intrusion, audits d'architecture, de configuration, de code…) ;
  • PDIS – détection des incidents de sécurité, c'est-à-dire la surveillance assurée par un SOC ;
  • PRIS – réponse aux incidents de sécurité, pour contenir une attaque et remettre le système sur pied ;
  • PACS – accompagnement et conseil en sécurité, notamment pour bâtir une gouvernance et une analyse de risques.

Couvrir ainsi l'ensemble du cycle – anticiper, surveiller, réagir, piloter – permet de répondre aussi bien aux entités régulées par la LPM, NIS2 ou DORA qu'aux structures qui, sans y être contraintes, veulent s'aligner sur les meilleurs standards. Une précision qui compte : ces qualifications restent rares, puisque seule une poignée de prestataires en France est aujourd'hui qualifiée PDIS ou PACS.

Orange Cyberdefense, un acteur enraciné dans l'Ouest

L'histoire rennaise d'Orange Cyberdefense illustre la dynamique régionale. Installée à Cesson-Sévigné, à deux pas de la technopole Atalante, l'entreprise ne comptait qu'une quarantaine de collaborateurs sur place en 2016. Elle en rassemble désormais près de 600, soit environ un tiers de ses effectifs français, ce qui en fait le premier employeur privé de la cyber dans l'Ouest. Ses équipes y couvrent la détection, la réponse à incident, l'audit et le conseil.

Pour 2026, la feuille de route bretonne s'articule autour de trois axes :

  • Des secteurs prioritaires : défense et sécurité, santé, agroalimentaire et maritime – autant de filières emblématiques de la région, et de plus en plus exposées aux cyberattaques ;
  • Des alliances locales renforcées avec la Bretagne Cyber Alliance, le Pôle d'excellence cyber, France Cyber Maritime et le Clusir Bretagne, qui animent la communauté cyber régionale ;
  • Des recrutements menés en lien étroit avec les écoles et universités bretonnes, sur des métiers variés : analystes SOC, ingénieurs, consultants et auditeurs. L'entreprise ouvre déjà régulièrement ses portes aux étudiants de la CyberSchool pour leur faire découvrir ces métiers de l'intérieur.

Une ambition collective

La visite du directeur général adjoint de l'ANSSI rappelle une évidence : face à des menaces qui ne connaissent pas de frontières, la réponse passe par la coopération entre l'État, les industriels, la recherche et les territoires. La Bretagne en offre aujourd'hui l'une des démonstrations les plus abouties. En y consolidant son ancrage, Orange Cyberdefense entend contribuer à une société numérique plus sûre, au bénéfice des citoyens, des administrations et des entreprises, des plus grandes aux plus modestes.

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