
Black and white hand presses the red button with a text AI. ©Viktoriia_M
Une signature restera de ce premier Mondial Secours & Protection, organisé en Haute-Savoie avec le 132ᵉ Congrès national des sapeurs-pompiers. Lors de la dernière journée, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) a conclu une convention avec l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) et l'Entente pour la forêt méditerranéenne, dite Entente Valabre. Le texte porte sur HADRIA (Hub d’application, de développement et de recherche en intelligence artificielle de la sécurité civile), dispositif chargé d'accompagner l'arrivée de l'intelligence artificielle dans le monde du secours.
Depuis plusieurs mois, HADRIA, porté conjointement par l'ENSOSP et Valabre, ous l'égide de la DGSCGC, recense les initiatives d'IA lancées ou testées par les services d'incendie et de secours.
Le principe est simple. Chaque SDIS déclare ses projets dans un formulaire commun : leur état d'avancement, les partenaires et financements mobilisés, le niveau de maturité technologique et les besoins d'appui. Un second volet s'adresse aux entreprises, invitées à présenter les solutions qu'elles destinent aux acteurs de la sécurité civile.
Cette démarche répond à un constat bien connu sur le terrain. Les expérimentations se multiplient, souvent de façon dispersée, sans que les départements sachent toujours ce que fait le voisin. En dressant une cartographie nationale, la DGSCGC veut éviter les doublons, faciliter le partage d'expérience et repérer les projets capables de passer de l'essai local au déploiement plus large.
La convention signée le 2 octobre 2026 donne un cadre officiel à ce travail.
Elle confie à HADRIA trois missions : former les personnels, fédérer les acteurs et accompagner le développement des projets. L'objectif affiché est que l'intégration de ces technologies reste cohérente, maîtrisée et utile en opération, et non qu'elle se fasse au gré des modes.
Chaque partenaire apporte son point fort. L'ENSOSP, qui forme environ 31 000 officiers professionnels et volontaires, travaille déjà sur des simulations en réalité virtuelle enrichies par l'IA et sur des parcours d'apprentissage qui s'adaptent au niveau de chaque stagiaire. Valabre, installée dans les Bouches-du-Rhône, apporte sa longue expérience des feux de forêt et de l'expérimentation de terrain, notamment sur des outils comme Open DFCI.
Ce rapprochement s'inscrit dans la stratégie de recherche et d'innovation du ministère de l'Intérieur, construite sur quatre axes : l'automatisation des tâches répétitives, la gestion intelligente de l'information, le développement des compétences humaines et l'anticipation des crises.
Les sapeurs-pompiers font face à des feux plus intenses, à des inondations plus fréquentes et à une hausse continue du nombre d'interventions. Dans ce contexte, l'IA est vue comme une aide pour aller plus vite dans l'analyse et mieux anticiper, sans remplacer la décision du commandant des opérations.
