Étude : 6 Européens sur 10 estiment qu’il est facile de frauder un document

Publié le 15 avril 2026

Portée par l’IA et la dématérialisation, la fraude augmente et se banalise en Europe

Dans un communiqué du 15 avril 2026, Finovox, spécialiste français de la détection de fraude documentaire, dévoile les résultats de son étude européenne menée auprès de 8 000 répondants dans huit pays[1]. Dans un contexte marqué par la digitalisation des démarches et l’essor de l’intelligence artificielle, l’étude met en lumière une banalisation progressive de la fraude, perçue comme plus accessible, moins risquée et de plus en plus répandue.

À l’échelle européenne, des disparités apparaissent nettement, avec des taux de fraude allant de 6 % en Espagne jusqu'à 14 % en Allemagne. Avec 13 % de répondants déclarant avoir déjà fraudé, la France se situe parmi les pays les plus concernés. Les pratiques diffèrent aussi beaucoup selon les pays. La fraude bancaire domine en Allemagne (34%), au Royaume-Uni (34%) ou aux Pays-Bas (32%), tandis que les fraudes liées aux démarches du quotidien (aides, abonnements, services) sont plus fréquentes en Belgique (38%), en Espagne (36%) ou en France (32%).

Des motivations et un rapport au risque qui évoluent

L’étude révèle également des motivations contrastées selon les contextes nationaux. Si les difficultés financières restent un facteur important dans certains pays, notamment en Espagne (36%), en Suède (35%) ou en Belgique (28%), d’autres motivations émergent plus nettement en Europe occidentale : gain de temps, simplification des démarches ou contournement de contraintes administratives.

Ce phénomène s’accompagne d’un changement de perception du risque. Dans plusieurs pays, une part significative des fraudeurs déclare ne ressentir aucune crainte au moment de passer à l’acte, notamment en France (28 %) et en Espagne (27 %). Parallèlement, le niveau de stress associé à la fraude reste globalement limité, traduisant une forme de banalisation.

La fraude documentaire, facilitée par les outils numériques

Autre enseignement clé : la fraude documentaire est perçue comme facile dans l’ensemble des pays étudiés. Jusqu’à 75 % des répondants au Royaume-Uni estiment qu’il est simple de falsifier un document. Cette perception est également majoritaire en France (51 %).

L’essor des outils numériques et de l’intelligence artificielle joue un rôle déterminant dans cette évolution. Désormais, modifier une fiche de paie, un contrat ou un justificatif ne nécessite plus de compétences techniques avancées, rendant les falsifications de plus en plus crédibles et difficiles à détecter à l’œil humain.

FOCUS France

Le profil type d’un fraudeur français : un homme (58%, contre 42% des femmes), ou un jeune actif entre 25 et 34 ans (27% contre 12,5% des 18-24 ans et seulement 1,5% des +65 ans), ou alors une personne touchant entre 1500 et 3500€ net/mois (58%, contre 28% des -1500€ net/mois, et 14% des +3500€ net/mois).

Globalement, l’étude confirme une progression nette du phénomène. En 2026, 13 % des Français déclarent avoir déjà fraudé, contre 10,8 % en 2024[2]. La fraude s’effectue à la fois en ligne (42 %) et en physique (34 %), avec une montée des pratiques hybrides.

Également, la perception de fraude évolue : Près d’un Français sur deux estime aujourd’hui qu’il est facile de frauder, et même 57 % considèrent qu’il est plus simple de frauder qu’il y a 15 ans. Cela s’explique notamment par l’émergence de l’intelligence artificielle (58%), et la dématérialisation des démarches (54%). Les outils utilisés sont accessibles à tous, comme les logiciels de retouche d’image, les éditeurs PDF ou les traitements de texte. Même 1 non fraudeur sur 4 serait prêt à commettre une fraude, notamment en cas de difficultés financières ou pour pallier un sentiment d’injustice.

Surtout, la fraude apparaît largement rentable et peu risquée. 82 % des fraudeurs français déclarent avoir réussi, 65 % se disent prêts à recommencer et 64 % affirment ressentir peu ou pas de crainte de représailles.

Une évolution préoccupante du rapport à la fraude

Comparée à 2024, la situation française traduit un basculement. Déjà les tentatives de fraudes aboutissent plus souvent (82% en 2026, contre 73% en 2024). Aussi, en 2024, la majorité des fraudeurs avaient des craintes de potentielles répercussions (55%), alors qu’ils ne sont plus qu’une minorité en 2026 (36%).

Face à cette évolution, la question de la prévention s’impose. Pour Finovox, la lutte contre la fraude documentaire ne peut plus reposer uniquement sur des contrôles a posteriori. Elle doit désormais s’intégrer dès le point d’entrée des documents, afin d’empêcher les fraudes avant qu’elles ne produisent leurs effets.

[1] En partenariat avec Selvitys. Étude menée en février 2026 en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède sur un panel de 8000 répondants (1000 par pays).

[2] Etude Selvitys x Finovox, menée en février 2024 en France, sur 2500 répondants.

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