Journée internationale des droits des femmes : Stéphanie Trigodet, Directrice Inter-régionale Sécurité et Prévention des Incivilités Grand Sud-Ouest à La Poste Groupe
Présentée par Oriane Bussard
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ANews Sécurité met à l’honneur celles qui ont choisi de s’imposer dans un univers encore largement masculin : la sécurité. Parcours, obstacles, réussites et convictions… Ces professionnelles partagent leur expérience et livrent leurs conseils à toutes celles qui souhaitent embrasser cette carrière.
Focus sur le témoignage de Stéphanie Trigodet, Directrice Inter-régionale Sécurité et Prévention des Incivilités Grand Sud-Ouest au Groupe La Poste.
"Je ne me retrouve pas forcément dans les problématiques que votre questionnement suggère. Je m’explique.
Je n’ai pas le souvenir d’avoir rencontré des barrières ou d’obstacles liés au fait que je suis une femme pour progresser ou évoluer au cours de ma vie professionnelle.
Très tôt, j’ai occupé des fonctions de direction. Mon 1er challenge a été l’évolution sur le poste de DRH en Touraine Berry au sein de groupe la Poste. J’étais une des premières ressources à venir de l’externe pour occuper ce type de poste. Il est vrai que je me suis questionnée alors sur ma capacité à occuper cette fonction.
On m’a encouragé et je me suis fait confiance. Je pense que c’est la clé pour de nombreuses femmes : ne pas se mettre soi même de barrière et se faire confiance.
Par la suite, j’ai souhaité m’orienter vers le management opérationnel en tant que Directrice opérationnelle. Il est vrai que je me suis alors posé la question de ma légitimité car je n’avais pas évolué précédemment dans l’univers des opérations et de la production. La clé a alors été d’oser, de m’appuyer sur d’autres compétences comme le leadership, la direction d’équipe et mon expertise dans le domaine et juridique.
J’ai également une autre conviction très forte : on grandit dans la difficulté. C’est dans l’adversité, face aux épreuves que l’on apprend le plus, que l’on se révèle. Cela s’est produit à de nombreuses reprises au cours de mon parcours, que ce soit dans la gestion de conflits collectifs, de gestion de cas individuels ou de crises de différentes natures.
J’ignore encore si le fait d’avoir été une femme a été un élément différenciant, dans tous les cas, je n’ai jamais senti qu’il s’agissait d’un handicap potentiel, alors que j’ai pu être la seule femme occupant cette fonction à certains moments.
Le fil rouge de mon parcours professionnel peut se résumer en un mot : protéger. En tant que DRH, j’ai œuvré pour la protection des collaborateurs, mais également de l’entreprise. Il en a été de même lorsque j’occupais des fonctions de management opérationnel.
L’autre élément qui me caractérise est la recherche constante de l’équité et de la justice. C’est sans doute la raison pour laquelle je me suis investie à un moment donné dans le mandat de conseiller prud’hommal au sein du CPH de la Roche sur Yon.
L’évolution vers le domaine de la sécurité en tant que Directrice de la Sécurité pour le Grand sud-ouest m’a donc paru tout à fait logique et naturelle. En effet, la finalité même de cette fonction est de protéger les collaborateurs, de protéger nos clients et les biens qu’ils nous confient et in fine, de protéger l’entreprise et ses actifs, matériels et immatériels.
Là encore, j’aurais pu me mettre seule des barrières. Je me suis fait confiance de nouveau et ai capitalisé sur mes compétences dans le domaine du management, du juridique, et même du lean management. J’ai une approche particulière de ma fonction, considérant que ma valeur ajoutée ne réside pas dans mon expertise dans le domaine de la sécurité globale mais plutôt dans le management de ma trentaine de collaborateurs, dans l’énergie et l’impulsion que je peux donner pour développer la coopération avec nos partenaires et « clients » internes et avec nos partenaires externes. De même, ma responsabilité est de déployer sur mon périmètre de responsabilité la stratégie définie au niveau national par Philippe Bertrand, le Directeur de la Sécurité Globale du Groupe.
J’ai la chance d’appartenir à un groupe qui permet d’embrasser de nombreux métiers différents au cours d’une même carrière. De même, j’ai pu bénéficier d’un parcours de formation de plusieurs semaines lors de ma prise de fonction afin d’acquérir les apports théoriques socles dans les différents domaines de la sécurité. Ce parcours est en place pour l’ensemble des collaborateurs de ma direction.
Deux après ma prise de poste, mes managers m’ont renouvelé leur confiance en me proposant d’intégrer le parcours de formation Sécurité et Justice de l’Institut des Hautes Etudes du Ministère de l’Intérieur. Depuis septembre, à raison d’une semaine par mois, j’ai le plaisir de rejoindre mes collègues auditeurs, de nouer de nouvelles relations et de monter en compétences grâce à des interventions de très haut niveau. Là encore, on m’a fait confiance et je me suis fait confiance.
Si je reviens au sujet de la place de la femme, je relève que mon entreprise depuis plusieurs années est très active sur le terrain de la parité et de l’évolution des femmes. Ceci explique sans doute que les choses évoluent progressivement et que de plus en plus de métiers, y compris les fonctions de Direction de haut niveau, sont désormais occupées par des femmes.
En résumé : ne nous mettons pas de barrières nous-mêmes, ne nous bridons pas, osons, tentons, croyons en nous, en nous posant sans cesse la même question : qu’est-ce que je risque (à faire) ?"
