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Le drone, nouveau roi de la sécurité publique et privée – Le Regard d’Éric de Riedmatten

Présenté par Éric de Riedmatten
Mai 2023

C’est formidable comme les choses vont vite ! Il y a quelques semaines, dans ANews Sécurité, je déplorais la faiblesse de l’État quant au courage d’utiliser les drones pour renforcer la sécurité.

Par chance, les JOP 2024 ont donné le coup d’accélérateur tant espéré. A la grande fureur des associations chargées de défendre les libertés publiques. Ces ligues, en général « ultras écolos » voire « wokistes », voyaient ces aéronefs comme étant de dangereux espions du ciel. Gérald Darmanin a eu raison de souligner que les « ultras », eux, ne se privaient pas d’utiliser les drones pour déjouer les pièges des forces de l’ordre. On l’a vu à Sainte Soline. Cette fois, le drone peut enfin décoller au service de la sécurité.

Selon moi, il va même devenir un instrument de protection et à partir de maintenant, il est déjà un outil officiellement reconnu pour la sécurité.

LE DRONE N’EN EST QU’AU PRINTEMPS DE SON DÉVELOPPEMENT

Oui, le drone n’en est qu’à ses balbutiements. Cela me rappelle les premiers vols de l’aéronautique effectués à Issy les Moulineaux, en 1908, par Henry Farman. 2 km en 3 minutes ! Pas à pas, le drone va monter en puissance. Son ascension va être vertigineuse. Le voici utilisé pour surveiller les « manifs ». Il sera bientôt diffusé pour la police de manière massive. Des centaines de modèles ont été commandés comme le révèle mon confrère Jean-Marc Leclerc dans les colonnes du Figaro. Ces micro- aéronefs seront répartis un peu partout dans les aéroports et les gendarmeries.

Même la police aux frontières va en disposer pour surveiller les points de passage les plus sensibles.

Dommage, pour le moment, les polices municipales n’y auront pas droit. C’était pourtant un bon moyen de concrétiser le continuum de sécurité qu’ANews Sécurité défend avec becs et ongles.

DES DRONES COUPLÉS À DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Dans le secteur privé, le drone va devenir un élément incontournable pour assurer de nouvelles formes de surveillance. Car il sera couplé à de l’intelligence artificielle. L’intérêt de cette nouvelle forme d’observation est de mettre une intelligence derrière chaque drone. Et d’y ajouter le décryptage humain. Et cela, le privé va pouvoir en faire une spécialité. De plus en plus d’entreprises se créent et développent leur flotte de drones. Un peu comme les compagnies aériennes l’ont fait dans le passé. Elles disposeront des autorisations de vol délivrées par la DGAC puis elles vendront leurs services. Ce phénomène s’accélère. Il va y avoir de plus en plus d’entreprises privées sur ce créneau. Je pense à la société DroneVolt qui intervient déjà à la demande pour sécuriser des évènements et qui vient renforcer le travail des forces de l’ordre.

Une autre société, Elistair par exemple, propose de capturer des renseignements sur une durée de 50 heures. Il y a même actuellement sur le marché des entreprises comme le groupe Goron, qui proposent des drones pour pallier la pénurie d’agents de sécurité !

DEMAIN, DES DRONES PARTOUT POUR LA SÉCURITÉ

D’autres travaillent avec le monde agricole. Le drone surveille les cultures. On peut penser que la surveillance des cités, vue du ciel, sera un marché à prendre pour les entreprises de sécurité privée.

Toutefois, en écoutant Gérald Darmanin, on comprend bien que l’usage du drone sera très encadré. La réglementation prévoit même de définir le nombre de caméras autorisées fixées sur chaque drone. Et le préfet aura le dernier mot avant de signer l’autorisation d’utilisation.

J’espérais que la reconnaissance faciale soit autorisée. Hélas, c’est retoqué. Et c’est bien dommage car certains black blocs pourraient être facilement identifiés lorsqu’ils se fondent dans la foule, au début des manifestations avant qu’ils ne passent à l’acte. Car ensuite, il est trop tard. Ils se cagoulent et récupèrent les projectiles cachés sous les plaques d’égouts et qui leur permettront de « casser du flic » pour reprendre l’expression du ministre de l’Intérieur.

Bref, sans la reconnaissance faciale, le drone sera limité. C’est un peu comme si un policier avait une arme sans les cartouches.

VIVEMENT LA RECONNAISSANCE FACIALE

Et cela me navre quand je vois ces courageuses forces de l’ordre se faire caillasser et ne pas bouger.

Même si des images venaient à filmer le visage d’une personne, la loi oblige pour l’instant à flouter le résultat. L’œil du tigre volant, pour le moment, ne sera utilisé que pour observer les mouvements de foule. Rien de plus en attendant mieux. Et j’espère qu’avec le temps, la législation évoluera et sera sans concession pour les casseurs. Déjà à Lyon, j’apprends qu’un drone a facilité l’arrestation de voyous qui avaient pillé un magasin. C’est donc déjà un progrès.

LE DRONE, PLUS ÉCOLO QUE L’HELICO

Aux États-Unis, les forces de sécurité ont déjà recours à l’œil du ciel. Mais à Los Angeles, ce sont les hélicos qui traquent les bandes.

On en est plus là ! Le drone a au moins pour avantage d’être discret et très écolo ! Et il sera prêt pour la coupe du monde de rugby puis pour les JOP.

Encore un petit effort législatif et je suis convaincu et persuadé que nous entrerons bientôt dans l’ère de la dronisation de la sécurité privée.

Éric de Riedmatten

Directeur de la publication : Michaël Lejard
Chef d’édition : Éric de Riedmatten
Éditeur : Agora Médias, une activité d’Agora Managers Groupe