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Et maintenant ? – Edito

Par Eric de Riedmatten
Avril 2022

Et maintenant, au travail monsieur le Président.

Sur le plan de la sécurité, il vous a été reproché de ne pas être allé assez loin au cours de votre premier mandat. D’avoir laissé le champ libre à votre rivale qui avait fait de la sécurité son fer de lance pour gagner l’élection. Certes, elle a perdu. Parce que le pouvoir d’achat est monté en tête de liste des attentes de nos compatriotes. Et mercredi dernier, lors du débat télévisé, on a bien compris que la sécurité n’était plus le sujet du moment. Même si à mon avis, c’est une grave erreur. Ce thème doit rester un sujet majeur.

N’oublions pas qu’en d’autres temps, le thème sécuritaire aurait pu justifier la victoire de Marine Le Pen ou même d’Éric Zemmour qui se voyait à l’Elysée lorsqu’il officiait chaque soir sur Cnews. La sécurité. Oui, parlons-en de la sécurité. Elle est arrivée en sixième position dans l’ordre d’importance des sujets traités lors du débat.

LA SÉCURITÉ DOIT RESTER UNE PRIORITÉ

Oui ! La sécurité est arrivée après le pouvoir d’achat, les retraites, l’international, la santé, l’environnement et juste avant le numérique et l’éducation. Bref, un sujet non pas oublié mais occulté par les autres priorités du moment. 

Et sur la question de la laïcité, qui était l’un des arguments de campagne des candidats il y a encore 6 mois, on retiendra seulement cette phrase d’Emmanuel Macron préférant autoriser le voile dans tous les lieux publics afin d’éviter une guerre civile.

Cette affirmation en dit long sur la capacité de l’Etat à faire respecter l’ordre public. En clair, pour éviter tout risque et tout débordement, mieux vaut éviter toute provocation. Et la bienveillance pourrait bien être le nouveau mot magique du vocabulaire politique, au même titre que le mot résilience après la période Covid. 

Bienveillance ne voudra pas dire indulgence. Car l’Etat va devoir hausser le ton et se montrer ferme si l’on veut stopper l’inflation des crimes et délits.

Il est donc urgent de repenser notre système sécuritaire et de ne pas le laisser filer en queue de liste. Car les zones de non droit, l’irrespect à l’égard des forces de l’ordre, les violences urbaines et les attaques sur les passants dans les grandes villes restent bien le sujet central. Et ce sujet, il reviendra. 

Alors bien sûr, le Covid puis la guerre en Ukraine ont conduit à modifier notre logiciel en raison de la montée des prix qui s’en est suivie et de la crainte de perdre notre pouvoir d’achat.

A tel point qu’Emmanuel Macron a déjà prévu une loi sur ce sujet dès l’été prochain. Avec tout un volant de mesures pour améliorer encore le bouclier contre l’inflation.

Il reprend ici l’un des thèmes majeurs de sa rivale.

SÉCURITÉ RENFORCÉE, IL FAUT PASSER AUX ACTES 

Mais pour ce qui est de la sécurité, il va falloir passer aux actes.

Il va falloir tenir les engagements et les promesses puis prouver que l’insécurité recule vraiment dans le pays.

Emmanuel Macron devra montrer aux Français que les prisons supplémentaires sont bien sorties de terre, que les crimes et délits reculent vraiment et durablement. Que les attaques à la personne baissent réellement. Et que les effectifs de police ont augmenté comme prévu. 

Voilà ce que réclameront bientôt les Français lorsque la guerre en Ukraine sera terminée et que les prix de l’énergie auront retrouvé des niveaux acceptables.

Car pour le moment, on aimerait chanter au président réélu la vieille chanson de Gilbert Bécaud : 

« Et maintenant, que vais-je faire ? » 

Emmanuel Macron doit-il gérer les seuls sujets urgents ? Doit-il seulement protéger le porte-monnaie des Français ? Ou doit-il aussi protéger nos vies et assurer la paix dans les cités ?

Alors bien sûr, il promet plus de police.

Le cap des 10 000 « hommes » supplémentaires sera atteint et des brigades de gendarmerie seront créées. Il promet de renforcer la lutte contre le piratage informatique avec la création de 1500 cyber-patrouilleurs.

Il promet plus de personnel pour la justice avec 8500 recrutements dont des magistrats supplémentaires.

Mais sera-t-il (avec son futur gouvernement) l’homme de la paix retrouvée ? J’entends par « paix », la paix dans nos villes et nos campagnes.

QUID DU CONTINUUM DE LA SÉCURITÉ ?

Ne doit-il pas aussi devenir le président du continuum de la sécurité et prendre les initiatives qui permettront de mettre davantage de moyens privés au service de la sécurité publique ?

Ce thème a été absent de la campagne.

C’est un oubli majeur car si la France veut en finir avec la petite délinquance et les trafics en tout genre, elle devra s’appuyer sur des moyens privés comme elle le fait pour sécuriser ses banques, ses commerces, ses stades, ses évènements sportifs.

Une nouvelle ère s’ouvre.
Cinq ans de grands défis.
Et comme le titrait le JDD dimanche dernier, le plus dur commence demain.

Eric de Riedmatten

Directeur de la publication : Michaël Lejard
Directeur de la rédaction : Alexandre Carré